En Nouvelle-Calédonie, la filière “Forêt-Bois” demeure  largement sous-exploitée, alors même que le territoire dispose d’un potentiel forestier et d’un savoir-faire. Malgré cela, plus de 80 % des besoins en bois sont couverts par des importations, principalement en raison d’un manque de structuration, de freins techniques persistants et d’une image encore dégradée du bois local dans la construction. C’est à partir de ce constat qu’est né le projet de structuration de la filière Forêt-Bois, porté par un consortium réunissant le Cluster Éco-Construction, l’Agence Rurale et le Groupement des Forestiers Calédoniens.

Inspiré par des démarches similaires menées dans d’autres territoires ultramarins, notamment à La Réunion avec le projet Giroflée, il répond à une volonté des différents de la fillière bois de structurer durablement celle-ci afin de réduire la dépendance aux importations, valoriser une ressource locale renouvelable et soutenir le développement économique du territoire.

Une démarche collective

L’ambition du projet est de créer une dynamique autour de la filière “Forêt-Bois”, fédérant l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur, de la sylviculture à la construction, en passant par la transformation et, à terme, le réemploi. Cette structuration vise à développer les usages du bois sur le territoire, à rendre le bois local compétitif face aux matériaux importés, à développer une économie circulaire et à créer une plateforme partagée de savoir-faire, d’outils et de compétences autour du bois. À horizon 2040, l’objectif est de porter le taux d’autosuffisance en bois de 20 % à 50 %, tout en contribuant à la transition écologique et à la création d’emplois durables, notamment en zones rurales.

Le projet repose sur une organisation et une gouvernance partagée. Un comité de pilotage réunissant les membres du consortium, appuyé par un coordinateur dédié, animera la démarche de  2026 jusqu’à 2028. Plusieurs axes d’actions structurent le projet qui débuteront par la mise en cohérences entre production et utilisation. Des études techniques et économiques permettront d’apporter des réponses aux principales problématiques locales telles que la prévention et résorption des dégâts liés aux termites. Un important volet formation et sensibilisation accompagnera les professionnels de la filière, mais aussi les maîtres d’ouvrage et décideurs, afin de favoriser l’acceptation et l’usage du bois local.

Le projet mise également sur l’innovation, avec le développement de produits bois en réponse au marché calédonien, des démonstrateurs techniques et la valorisation des coproduits, notamment dans le domaine de l’énergie. Enfin, des actions de communication ciblées viendront renforcer l’image du bois local et convaincre le grand public de son potentiel et de sa fiabilité.

Un projet au cœur de la transition écologique et économique

La structuration de la filière “Forêt-Bois” constitue un levier majeur pour le développement durable du territoire. Sur le plan environnemental, le projet contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre par la substitution des importations, le stockage de carbone dans le bois d’œuvre et le développement d’une sylviculture raisonnée. La valorisation des coproduits permet de renforcer une économie circulaire locale, tandis que la gestion durable des forêts favorise la biodiversité et la diversification des essences.

Sur le plan économique, le projet est porteur de fortes retombées. Selon l’étude AFD-ADEME-WWF, le développement de la filière “Forêt-Bois” pourrait générer jusqu’à 540 emplois d’ici 2040, créer plusieurs milliards de francs de valeur ajoutée et réduire significativement le déficit commercial lié aux importations de matériaux. Enfin, sur le plan social, la filière favorise l’inclusion et l’ancrage territorial, avec des emplois accessibles à différents niveaux de qualification, une montée en compétences des artisans et une meilleure reconnaissance du bois comme matériau traditionnel des habitats océaniens.

Un projet accompagné par France 2030

Le projet bénéficie d’un accompagnement dans le cadre du programme France 2030 volet filières, qui apporte un soutien financier essentiel à sa mise en œuvre. Cet accompagnement permet également de renforcer la mise en réseau avec des initiatives similaires, notamment en métropole et dans les Outre-mer.

En structurant une filière durable, innovante et créatrice d’emplois, ce projet s’inscrit dans les objectifs de souveraineté économique, de transition écologique et de diversification de l’économie calédonienne tout en offrant un modèle reproductible à l’échelle du Pacifique Sud.

Plus d’infos sur le projet ? 

Contact mail : cluster@eco-construction.nc

Site internet

LinkedIn

Facebook