Jeudi 15 octobre, de 8h à 10h, nous avons accueilli à l’Elysium les entrepreneurs accompagnés par TI NC, France 2030 NC et INSPIRE pour une nouvelle édition du ComCom des Entrepreneurs. Au programme : un petit-déjeuner de travail, deux tables-rondes et la parole laissée aux porteurs de projet.

Les projets présents viennent de secteurs très différents, de l’agriculture à la mer, du numérique à la formation, des matériaux au carbone. Les difficultés qu’ils rencontrent se recoupent pourtant largement et c’est ce que nous avons retenu de ces deux heures.

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Un grand merci aux porteurs de projets présents lors du ComCom des entrepreneurs ! © Innovation NC

Un petit-déjeuner de travail pour écouter les entrepreneurs

Le ComCom est un espace de parole libre entre pairs. Chaque table réunissait quelques entrepreneurs, avec un membre de l’équipe d’Innovation NC pour animer les échanges et prendre des notes. Nous l’avons organisé pour entendre ce qui fonctionne et ce qui coince dans leur parcours, afin de pouvoir y répondre.

Chaque table a suivi deux temps. Le premier était consacré au retour d’expérience : où en êtes-vous de votre aventure entrepreneuriale, quels points de blocage rencontrez-vous, quelles forces et faiblesses voyez-vous dans les programmes, quelles réussites et quels échecs récents. Le second portait sur les actualités à venir de chaque projet : lancements, recrutements, partenariats, événements. La restitution globale des deux tables a ensuite été faite aux participants, regroupant les grands sujets communs abordés.

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Table ronde en préparation, les sujets commencent à émerger… © Innovation NC

Des projets qui avancent, un accompagnement apprécié

Plusieurs participants ont salué l’accompagnement humain reçu dans les programmes, notamment l’écoute de leurs difficultés et l’aide apportée pour les démarches. Les aides obtenues ont permis à certains de franchir des étapes qu’ils n’auraient pas atteintes seuls : tester des marchés hors du territoire ou construire un outil de production.

« On a été super bien soutenu. On arrive à passer sur les étapes suivantes. » – Un entrepreneur participant

Les échanges ont aussi montré des résultats concrets : des produits plus performants que ceux importés, des équipements de pointe que peu d’autres territoires d’outre-mer possèdent, des pivots d’activité qui ouvrent de nouveaux marchés. Certains y voient aussi un avantage à se lancer en Nouvelle-Calédonie, grâce à l’accès à de nombreuses aides et à un environnement moins concurrentiel.

Le passage au marché, la difficulté la plus partagée

Le sujet est revenu aux deux tables. L’accompagnement à la création est abondant, mais il se fait plus rare au moment de vendre. Plusieurs entrepreneurs ont décrit des commandes publiques ou locales qui tardent et des acheteurs peu enclins à être le premier client d’un produit nouveau.

« On nous encourage à innover, mais on ne nous aide pas assez à transformer cette innovation en marché. » – Un entrepreneur participant

Nous partageons ce constat. Une commande publique, même à titre de démonstration, aide ensuite à convaincre des investisseurs et nous savons que ce levier reste difficile à déclencher. Passer de la réussite « j’ai une subvention, j’ai une certification » à une réussite de marché est l’objectif.

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Les informations et questions des entrepreneurs sont récupérées ! © Innovation NC

Les points à fluidifier : délais, démarches, certification

Les calendriers des programmes, des financeurs et des administrations ne sont pas toujours synchronisés. Plusieurs porteurs de projet attendent encore le déblocage de certains financements, ce qui décale des achats de matériel et demande une gestion serrée de la trésorerie. Nous avons noté ces retours. Les démarches sont aussi décrites comme longues, avec plusieurs interlocuteurs : les entrepreneurs aimeraient un parcours plus lisible, des informations claires sur les dispositifs et un suivi plus prononcé des dossiers en cours.

Pour la certification, l’offre est limitée sur le territoire : plusieurs projets passent par des démarches menées en métropole, parfois depuis deux ans, alors qu’elle ouvre l’accès à de nouveaux marchés. Côté compétences, recruter des profils très qualifiés reste difficile, notamment dans le numérique, et faire revenir les talents partis se former ailleurs suppose d’améliorer l’attractivité du territoire. Enfin, convaincre des investisseurs extérieurs demande davantage de temps dans le contexte actuel, et le coût du transport et de l’export pèse sur les entreprises qui visent d’autres marchés.

Ce que nous retenons

Trois attentes reviennent d’un projet à l’autre : que le soutien financier débouche sur des commandes, un suivi plus prononcé des dossiers en cours et un accompagnement se poursuivant après la création, sur le marché, les financements et les partenariats. Est aussi évoqué un écart entre les ambitions affichées pour l’innovation et la réalité des démarches sur le terrain, et a été proposé que nous fassions le lien avec des investisseurs extérieurs.

Nous remercions les entrepreneurs pour leur franchise. Nous avons pris note de leurs retours pour voir comment les aider à lever ces freins et d’autres sessions permettront de poursuivre ces échanges.