Présidente de FédéSciences et actrice de la culture scientifique en Nouvelle-Calédonie, Frédérique Ablain-Barrière co-porte avec le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et le CNES le programme « Cap sur l’Espace« , un dispositif éducatif ambitieux qui a pour objectif d’ouvrir les technologies spatiales aux établissements scolaires du territoire. Elle nous en dévoile les contours, les ambitions et les prochaines échéances.

Bonjour Frédérique, pouvez-vous nous présenter la “FédéSciences” et votre rôle au sein de la structure ?

FédéSciences

La FédéScience est une fédération d’associations de diffusion de la culture scientifique qui regroupe des associations telles que Symbiose, l’As2Maths, AMETISTE, l’Association Calédonienne d’Astronomie, ou encore MC2 Climat pour ne citer qu’elles. La fédération est née de notre volonté de faire découvrir les sciences tout au long de l’année et pas uniquement lors de la fête de la science.

Nous voulions créer une « Maison des sciences » dans une ancienne école de la ville de Nouméa mais malheureusement, il y a eu mai 2024. Mais cela n’a pas entamé notre envie de diffuser la culture scientifique, la FédéScience poursuit ses actions en proposant des ateliers scientifiques dans des lieux publics, c’est l’opération « Ramène ta science ».

Le programme repose sur deux actions principales : pouvez-vous nous les présenter concrètement, et nous expliquer à qui elles s’adressent ?

La première action que nous avons appelé « Mission lancement » implique des établissements scolaires et des clubs sciences. L’objectif de cette action est d’accompagner ces classes ou clubs dans la conception de micro-fusées pour découvrir concrètement les principes du vol spatial. La finalité de cette action est que les jeunes participent à une journée à la Base aérienne militaire 186 au cours de laquelle, ils lanceront les microfusées qu’ils auront fabriquées. 

La 2ème action, « L’espace en main » a pour objectif de proposer aux établissements scolaires mais également aux médiathèques ou services culturels des communes des ateliers ou des animations autour du spatial. Pour cela, nous avons prévu de nous appuyer sur les malles pédagogiques conçues par Planète Sciences sous la direction du CNES. Nous avons aussi conçu notre propre séquence pédagogique à destination des primaires pour qu’ils puissent eux aussi lancer des fusées, mais cette fois-ci des fusées à eau. 

Parallèlement à ces deux actions, la FédéSciences en collaboration avec la province Sud travaille à la création d’un lieu totem « La maison du Ciel et de l’Espace » sur le site de l’aérodrome de Ouatom à la Foa. L’objectif étant de créer un musée du ciel et de l’espace pour valoriser le patrimoine historique, le site de Ouatom ayant été une base aérienne pour les Américains pendant la 2nde Guerre Mondiale et pour sensibiliser les jeunes aux métiers de l’aéronautique et du spatial. Nous espérons pouvoir accueillir tout type de public et des scolaires pour des séjours « Sciences ». Le gouvernement contribue également à cette action en finançant la réalisation d’animations dans ce lieu. 

Cap Sur l’espace est co-porté par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, le CNES et FédéSciences. Qu’est-ce que la convention entre le GNC et la FédéSciences formalise exactement ?

Concrètement, la FédéSciences met en œuvre ce que le gouvernement et le CNES souhaitent développer sur le territoire en matière de sensibilisation du public au spatial.  Nous travaillons avec Kevin DECLUDT qui est notre référent GNC et référent CNES. Nous apportons notre expérience en matière de médiation scientifique. On est tous hyper motivé pour réaliser ce projet !

Quels établissements scolaires sont engagés dans le dispositif, et comment ont-ils été associés à la démarche ? Y a-t-il des critères de sélection ou une logique de déploiement progressif sur le territoire ?

Pour cette année 2026, six établissements scolaires et deux clubs sciences sont engagés dans le dispositif « Mission lancement ». Nous avons essayé de recruter des établissements ou clubs sur toute la grande Terre, sans critères de sélection précis juste des jeunes et des accompagnateurs motivés pour se lancer dans le première édition de l’aventure. Nous avons un établissement de Yaté et un Club Science de Koné. 

Nous souhaitons bien sûr étendre le dispositif à d’autres établissements.

Quel est le planning prévisionnel du programme et quelles sont les grandes échéances à retenir pour 2026 et au-delà ?

L’action « Mission lancement » est actuellement en cours. Des interventions dans les 8 structures ont été planifiées : une pendant les périodes 2, 3 et 4. La journée de lancement des micro-fusées étant prévue pour fin octobre. 

Concernant l’action 2, les malles que nous avons sélectionnées doivent être dupliquées dans les mois qui viennent. Elles nous seront envoyées en fin d’année pour un déploiement sur le territoire en 2027. 

Au-delà des établissements scolaires, quels sont les partenaires associés au programme, et quel message souhaitez-vous adresser à ceux qui voudraient rejoindre l’aventure Cap sur l’espace ?

Parmi les autres partenaires, nous avons « Medcamp » qui est une association « Mission excellence » de la Province Nord. Nous avons aussi « Planète Science » qui est le partenaire privilégié du CNES en métropole et qui apporte sons avoir faire. 

Nous avons également la Base 186 qui va nous accueillir lors de la journée de lancement, l’armurerie NGS’L qui nous a propose de stocker nos propulseurs. 

Nous sommes à la recherche d’autres partenaires qui pourraient nous aider à réaliser toutes nos actions et déployer celles-ci sur le territoire en 2027.