INSPIRE est LA nouvelle marque du spatial en Nouvelle-Calédonie. Présent sur la plateforme “innovation.nc”, le dispositif est porté par le Service Aménagement et Planification et représenté par Kevin Decludt, chargé de projet spatial et innovation au sein du service du gouvernement. 

A l’occasion du lancement de ce nouvel outil pays, nous vous proposons une rencontre avec Kevin qui nous explique en détails les objectifs et ambitions de cette nouvelle “marque” bien connectée à l’écosystème du CNES… mais pas que ! 

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Bonjour Kevin Decludt, pour commencer, peux-tu nous parler des tes missions au sein du SAP ainsi que de ton rôle en tant que représentant de Connect by CNES Pacifique Sud en Nouvelle-Calédonie ?

Kevin Decludt : Bonjour à tous ! Mon rôle, en tant que Chargé de projet Spatial et Innovation, est de promouvoir les usages du spatial sur l’ensemble de sa chaîne de valeur, de l’amont à l’aval : des infrastructures et technologies spatiales (satellites, capteurs, connectivité, observation de la Terre) jusqu’à l’exploitation des données et services qui en découlent.

L’objectif est de développer les usages du spatial en Nouvelle-Calédonie en réponse aux besoins des acteurs du territoire, à travers des solutions concrètes basées sur les technologies et données spatiales. Il s’agit également d’identifier des opportunités de développement économique et commercial pour les acteurs locaux, qu’ils soient émergents ou déjà établis, mais aussi de sensibiliser les Calédoniens et Calédoniennes aux enjeux et opportunités du spatial à travers différentes actions de promotion et d’accompagnement.

Je suis également le représentant du programme Connect by CNES pour le Pacifique, suite à une convention signée en février 2024 entre le CNES et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, j’ai été missionné pour promouvoir les outils du CNES avec une mission centrale : ouvrir ces outils à l’écosystème océanien et rendre le spatial plus accessible aux acteurs académiques, à la recherche, aux acteurs privés et aux entrepreneurs. Toute cette démarche est liée à l’émergence de ce qu’on appelle le “New Space”.

Peux-tu nous expliquer ce qu’est le dispositif INSPIRE et pourquoi il a été lancé en Nouvelle-Calédonie ?

INSPIRE est un acronyme qui signifie “Intégration du Spatial pour l’Innovation RÉgionale” et ce dispositif a pour objectif de valoriser tous les partenariats du spatial à travers une seule et même marque, accessible sur la plateforme centralisée du gouvernement “innovation.nc”. 

Du côté des partenaires, on peut évidemment citer le CNES, à travers son programme Connect by CNES, qui est notre partenaire principal, ainsi que la FédéSciences, avec qui nous co-portons un programme intitulé « Cap sur l’Espace », que nous communiquons encore de manière progressive et qui sera davantage valorisé prochainement. Nous comptons également parmi nos partenaires l’ESA BIC Nord France, pour l’incubation de startups dans le domaine du spatial, le Commissariat au développement durable au travers de son dispositif Applisat, ainsi que bien d’autres acteurs.

L’ambition d’INSPIRE est ainsi de devenir le guichet unique en Nouvelle-Calédonie, permettant de centraliser et de coordonner les actions autour de la thématique du spatial, mais aussi de valoriser l’ensemble des initiatives liées au spatial sur le territoire, et plus largement dans la zone Pacifique.

Quels types de projets peuvent être accompagnés par INSPIRE ? Comment accompagne t-il les porteurs de projets ?

Nous accompagnons l’ensemble des acteurs et des projets, qu’il s’agisse de besoins techniques, de recherche de financement, de mise en relation avec des experts, de facilitation des contacts ou encore d’apport d’un regard critique.

Quels sont les porteurs de projet que vous accompagner aujourd’hui ? 

De nombreux entrepreneurs nous sollicitent et bénéficient de notre suivi. Parmi les projets les plus atypiques, on peut citer celui de Neofly qui travaillent avec le CNES, notamment dans le cadre du programme Spaceship France, depuis plus de deux ans. Le projet explore la meilleure façon d’utiliser la bioconversion par les insectes pour recycler les nutriments lors de missions spatiales de longue durée, en particulier dans la perspective des missions vers la Lune et Mars.
Il s’agit ainsi d’une manière d’explorer comment une application terrestre existante peut être adaptée à des usages spatiaux.

Nous avons également été sollicités par un porteur de projet travaillant sur le concept d’un avion cargo spatial. Il est venu nous rencontrer afin d’échanger, d’être accompagné dans sa démarche, et d’être mis en relation avec des experts des transports spatiaux.

Nous avons également accompagné la société  MAGIS qui développe l’application TOHORĀ TURE pour le suivi des navires dans le cadre du « whale watching » en Polynésie française. Ce projet vise à mettre en place des balises permettant d’assurer le suivi et la traçabilité des opérateurs, en s’appuyant sur une technologie GNSS combinant des communications 4G et satellitaires. Afin d’identifier la solution la plus adaptée, ils ont été accompagnés par le laboratoire CESARS du CNES.

Cet accompagnement s’est également illustré avec le CNRTEC, qui recherchait en 2025 des financements et de l’expertise pour l’un de ses projets de recherche. Dans ce cadre, il a été orienté vers le Space Climate Observatory (SCO), une initiative internationale portée par le CNES qui accompagne et valorise des projets utilisant les données spatiales pour répondre aux enjeux climatiques et environnementaux.

Enfin, et je vais terminer par cet exemple : nous avons également accompagné la startup OPS-INSIGHT dans la réussite de son incubation au sein de l’ESA BIC Nord France, un incubateur du réseau de l’Agence spatiale européenne (ESA) dédié au développement de startups du secteur spatial, lui permettant d’obtenir des financements, mais aussi d’accéder à des vouchers (réductions) auprès des partenaires du programme, ainsi qu’au réseau d’experts de l’ESA.

Ce ne sont là que quelques exemples parmi une multitude de projets différents, parfois atypiques, mais ayant tous un lien avec le spatial.

Vous organisez également des événements et des points de rencontre sur le territoire ; peux-tu nous parler de ces temps forts ? 

Le spatial est une thématique qui peut impressionner en raison de sa complexité et paraître inaccessible. En Nouvelle-Calédonie, cette perception existe également, et notre objectif est de rendre ce domaine accessible à l’ensemble des Calédoniens.

Les événements que nous organisons permettent d’aller à la rencontre du public pour montrer, de manière simple et concrète, qu’il est concerné et peut se saisir de ces enjeux. Notre rôle est de sensibiliser, d’acculturer et de faire découvrir les opportunités sur la thématique du spatial.

Dans ce cadre, nous avons organisé en 2025 plusieurs événements et temps forts, notamment le hackathon Space4NC, qui visait à faire travailler des équipes sur des solutions mobilisant les technologies spatiales afin de répondre à des problématiques du territoire, ainsi que des webinaires et des afterworks, souvent organisés en partenariat avec différents acteurs locaux.

En 2025, un webinaire co-organisé avec la base aérienne 186 « Lieutenant Paul Klein » de La Tontouta, à la Station N, intitulé « Les opportunités du spatial en Nouvelle-Calédonie », avait permis de faire intervenir des représentants du CNES, de l’ESA ainsi que de l’Agence de l’innovation de défense, entre autres.

En 2026, plusieurs actions ont déjà été menées, parmi lesquelles l’organisation de la première édition locale de la 6ᵉ édition mondiale du hackathon ActInSpace, une formation en distanciel intitulée « Applications satellitaires pour les politiques publiques », ainsi que plusieurs webinaires. S’y ajoute le lancement de la nouvelle marque INSPIRE, qui permettra de mieux communiquer et de diffuser l’information autour de la thématique du spatial.

Et ce n’est qu’un début, car cette dynamique se poursuit et se prolongera avec de nouveaux programmes, dispositifs et actions à venir.

En quoi les technologies liées au spatial peuvent-elles répondre à des enjeux pour la Nouvelle-Calédonie ?

Notre territoire, de par son insularité, est particulièrement exposé aux effets du changement climatique. Dans ce contexte de tensions croissantes, les politiques publiques ont besoin de disposer d’un éclairage solide pour guider leurs décisions. Les données géospatiales peuvent constituer un véritable atout, en permettant de mieux comprendre et analyser les situations, d’en tirer des enseignements pertinents et, in fine, de mieux appuyer la prise de décision.

On peut également parler des télécommunications par satellite. Alors que la couverture réseau calédonienne ne concerne pas 100% du territoire, les technologies du spatial pourraient permettre de palier ce défaut de connectivité et être une solution de communication lors de catastrophe ou d’événement majeur.

De même, dans les domaines de la télémédecine et de la télé-éducation, il serait possible de s’appuyer sur des technologies spatiales, à l’image de ce qui est fait en Guyane, afin de répondre à des besoins spécifiques de la population calédonienne, en particulier celle située en zones éloignées des centres urbains.

Enfin, le spatial pourrait également constituer un nouveau levier de développement économique pour le territoire. Il offrirait des opportunités aux acteurs privés locaux, tout en participant à la diversification économique de la Nouvelle-Calédonie à travers l’émergence de nouvelles activités, compétences et filières d’innovation.

Comment INSPIRE s’articule-t-il avec les autres dispositifs d’accompagnement ainsi qu’avec les différents acteurs locaux ? 

La marque INSPIRE est un dispositif plus complet, qui ne se limite pas à l’apport de financements. Comme évoqué précédemment, il s’agit d’un dispositif d’accompagnement global, s’appuyant sur des partenariats déjà établis ou en cours de développement, ainsi que sur des actions de terrain visant à promouvoir et structurer la thématique du spatial.

Quel conseil donnerais-tu à un porteur de projet qui pense que le spatial est un domaine trop complexe ou inaccessible ?

La première étape consiste à s’informer via la plateforme « innovation.nc » est consulter les actualités de la page INSPIRE, qui a vocation à devenir la vitrine du spatial à l’échelle régionale. Elle constitue un point d’entrée centralisé où seront regroupées et diffusées l’ensemble des informations liées au dispositif INSPIRE, ainsi que les ressources et opportunités associées au secteur spatial.

Ainsi, ils pourront découvrir d’autres entrepreneurs accompagnés, s’informer sur les opportunités du spatial et mieux appréhender notre expertise ainsi que le réseau de partenaires en développement. L’objectif est de proposer des solutions adaptées et de s’inspirer des collaborations déjà menées.

Et puis, surtout qu’ils n’aient pas peur de me contacter car nous sommes là pour les accompagner, les acculturer, les sensibiliser et, bien sûr les informer ! Il n’y a pas de mauvaise question, que de bonnes réponses… 

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