Et si le Pacifique insulaire devenait un laboratoire d’excellence en intelligence artificielle ? C’est le pari audacieux que Thomas Avron, co-gérant de la société calédonienne APID, a décidé de relever avec OCEAN’IA, premier programme de formation à l’IA à l’échelle régionale.
Né d’une rencontre entre les écosystèmes tech du Vanuatu et de la Nouvelle-Calédonie, et soutenu par le Fonds Pacifique, le projet a déjà fédéré plus de 220 inscrits sur quatre territoires — NC, Vanuatu, Polynésie française et Wallis & Futuna — pour un total de 440 heures de formation en accès libre. Des chiffres encourageants qui prouvent qu’on peut former aux compétences les plus pointues depuis n’importe quel coin du globe, à condition d’y mettre la volonté. Thomas nous raconte comment ce projet ambitieux prend forme, et pourquoi il voit déjà dans l’espace la prochaine frontière à conquérir.
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Bonjour Thomas, peux-tu te présenter et nous présenter la structure APID qui porte le projet Ocean’IA ?
Bonjour à tout l’écosystème d’Innovation NC, moi c’est Thomas Avron, co-gérant d’une entreprise du numérique Calédonien spécialisée dans la Donnée, l’IA et la conformité RGPD, à l’initiative du projet OCEAN’IA. C’est le premier projet de formation innovante à l’IA dans la région. Avec mon entreprise APID, « Alternative Projects for Intelligence in Data » (je sais, ça en jette), on tient à démontrer, via ce projet OCEAN’IA, la capacité des populations du Pacifique Insulaire à s’approprier et à utiliser des compétences de pointes (comme l’IA). Notre ADN d’explorateurs est une force pour plonger dans les profondeurs du savoir humain !

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Peux-tu nous parler de l’origine de ce projet régional et de ses objectifs ?
A l’origine du projet, une rencontre. Celle des écosystèmes de la tech et de l’innovation du Vanuatu et de la Nouvelle-Calédonie. Nous étions allés en délégation sur Port Vila, Efate en décembre 2023. Laurent BUI et Vaimu’a Muliava m’ont alors fait part d’un programme que je suivais déjà avec attention : Kesk’IA ! Un travail de titan des frères Attik, Morad et Rabah, pour permettre aux talents des quartiers populaires de se révéler (force à vous les frangins pour la saison 4 et merci d’avoir insufflé l’esprit et l’âme du projet).
Suite à cela, on postule au Fonds Pacifique et soutenu par Vaimu’a, on devient lauréats de cet appel à projet de l’Etat ! C’est le début d’OCEAN’IA, prévu dans cette saison initiale sur 4 territoires : NC, Vanuatu, Polynésie et Wallis & Futuna. Les objectifs : former à l’IA, faire émerger un réel écosystème régional dans ce domaine. Des talents qui échangent, montent en compétences, découvrent des cas d’usage pour leur territoire, sur des données réelles. La dynamique se met en place malgré une année 2024 complexe pour le Caillou…
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A date, quels résultats avez-vous atteint dans le cadre du programme Ocean’IA ?
Nous avons des métriques encourageantes pour la première saison : plus de 220 inscrits, 22 participants assidus et réguliers, un cumul de 440 heures de formation sur la plateforme OCEAN’IA. Plus de 250 000 vues sur les réseaux. Un contenu de formation en accès gratuit, sur inscription, qui centralise des contenus vidéos et des ressources web, avec une formation à tiroir où les plus motivés peuvent aller chercher de quoi monter en compétence.
Cette première saison est en train de lancer trois évènements : les Hackasprints OCEAN’IA, avec des partenaires sur le Vanuatu, la Polynésie Française et Wallis et Futuna, afin de compléter le concours OCEAN’IA, accessible aux participants les plus assidus de la formation. Une charge de travail cumulé de plus de 1500 heures pour cadrer, préparer, suivre et gérer tout le travail. Je peux vous dire que l’on n’a pas chômé !

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En quoi ce projet s’inscrit-il dans INSPIRE et de quel accompagnement avez-vous bénéficié ?
INSPIRE s’est intéressé au projet par rapport à la thématique du premier concours : IA et Landcover (bon, on est un peu allé les chercher aussi, merci Kevin DECLUDT pour la mise en contact). Ou comment utiliser l’IA sur les données d’observation de la Terre par les satellites, pour comprendre la façon dont on occupe le territoire, dont on l’utilise. Cette thématique était chère à notre coeur, parce qu’il y a quantité de données à disposition et que c’est une vraie mine d’or sous-exploitée. Pour comprendre notre monde, prendre des décisions éclairées et l’IA peut aider à cela.
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Quel est le rôle du CNES dans ce projet et peux-tu nous présenter le Lab’OT ?
C’est le Lab’OT qui nous a fourni des images PLEIADES (très haute résolution) pour le concours OCEAN’IA. Avec ces images, les participants vont pouvoir utiliser de la donnée sur nos zones géographiques pour tester des cas concrets d’IA appliquée au réel ! Le Lab’OT c’est un accompagnement sur-mesure pour les projets autour de l’observation de la Terre. Le Lab’OT est une équipe du dispositif Connect By CNES, des cadors de l’imagerie spatiale et l’observation de la Terre !
Avec eux, j’ai pu cadrer les défis du concours OCEAN’IA, et les Hacksprints aussi. On a aussi fait un super webinaire qui a mobilisé plus d’une trentaine de participants qui ont pu découvrir pour certains, et avoir une piqure de rappel pour d’autres, sur l’IA et l’observation de la Terre (Replay disponible sur demande à l’adresse tavron@oceania-org.com).
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Dans ce cadre, vous avez travaillé sur un webinaire ; quel en était le sujet et les principaux enseignements ?
C’était début mai, et il a permis de reposer les bases en deux heures, des techniques et complexités de l’observation de la Terre par satellite et les caractéristiques des images obtenues. Le public était régional, Sebastien Fourest, l’expert du lab’OT qui nous a animé ce webinaire d’une main de maître a balayé aussi les techniques d’IA pour la discipline. C’était passionnant !
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Quels sont les futurs développements du programme Ocean’IA, notamment au niveau régional ?
Pour OCEAN’IA, les futurs développements, c’est l’espoir d’une saison 2 en 2027 – 2028. On pense axer cette future saison sur les compétences liées au spatial. Car l’espace est la nouvelle frontière, et que loin d’être une frontière infranchissable, c’est un défi pour asseoir nos capacités et notre vision d’un monde meilleur, équilibré entre préservation du vivant et de la nature et valorisation économique, c’est une réponse par le haut aux grands défis de ce siècle. La crise climatique, la perte de biodiversité, les inégalités criantes, l’état de conflit perpétuel du monde actuel. On doit trouver la volonté de dépasser ces défis, et de se créer conjointement, à l’échelle de l’humanité, des possibilités d’un avenir meilleur, partagé.
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Un dernier mot ou une dernière actualité à partager avec l’écosystème ?
Après cette grande tirade lyrique ? Et bien… Soyons fiers de ce que l’on fait, même aussi éloignés que dans notre coin du Pacifique ! On a un potentiel de fou !
A nous de l’utiliser ! Merci encore aux équipes d’Innovation NC et… à très vite l’écosystème.
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