Depuis plus de douze ans, Pacific Food Lab œuvre pour faire une place aux produits locaux dans les assiettes calédoniennes. Ce cluster, porté par des entreprises et associations de toute la chaîne alimentaire, des producteurs aux restaurateurs, a fait des cantines scolaires son terrain d’action prioritaire. Son projet phare, TRIAD, lauréat du programme France 2030 – PIA3, réunit un pilier opérationnel, un pilier scientifique avec l’IAC et le Cresica, et un pilier institutionnel pour transformer durablement les habitudes alimentaires du territoire. Rencontre avec Charles Vuillod, son manager.

BONJOUR CHARLES. PEUX-TU TE PRÉSENTER, PRÉSENTER PACIFIC FOOD LAB ET LE PROJET TRIAD ?
Je m’appelle Charles Vuillod, je suis le manager de Pacific Food Lab depuis onze ans. Pacific Food Lab a douze ans, mais je suis le premier salarié permanent, recruté après sa création. C’est un cluster dont les membres sont des personnes morales : entreprises et associations de l’alimentation en Nouvelle-Calédonie, de toute la chaîne de valeur, des producteurs aux restaurateurs. Ensemble, on monte des projets pour développer la part des produits locaux dans l’assiette des calédoniens et leur appétence pour ces produits, selon trois axes : économique, environnemental et social.
TRIAD est né en 2020 de ce travail de terrain. Ce projet repose sur trois piliers : un pilier opérationnel pour travailler directement avec les chefs de cantine, un pilier scientifique porté par l’IAC et le Cresica pour adosser nos actions à la recherche et constituer un observatoire des systèmes alimentaires en Nouvelle-Calédonie et un pilier institutionnel.

DE QUEL PROGRAMME AVEZ-VOUS BÉNÉFICIÉ ET QU’A-T-IL APPORTÉ À PACIFIC FOOD LAB ?
On a été soutenu par différents programmes depuis la naissance de Pacific Food Lab, avec la Province Sud, puis avec le Gouvernement à travers la Stratégie Territoriale de l’Innovation de la Nouvelle-Calédonie sur le 10e Fonds Européen de Développement et ensuite le 11e FED avec Protège. Le programme France 2030 – PIA3, c’est ce qui a permis à TRIAD d’exister dans sa forme actuelle. Pour une association comme la nôtre, dont les budgets sont annuels et souvent débloqués en milieu d’année, une visibilité financière sur cinq ans, c’est considérable. On peut travailler dès le 1er janvier sans attendre que les subventions soient votées, passer moins de temps à chercher des financements et plus de temps sur l’opérationnel.

OÙ EN EST L’ACTIVITÉ DE PACIFIC FOOD LAB AUJOURD’HUI ET QUELLES SONT LES PROCHAINES ÉTAPES DU PROJET TRIAD ?
Depuis les événements de mai 2024, le niveau de subventions a été drastiquement réduit. Aujourd’hui, Pacific Food Lab survit grâce à TRIAD. Cette situation nous a poussés à aller chercher de nouveaux partenaires, notamment l’Agence Rurale et l’Agence Sanitaire et Sociale, pour développer un projet complémentaire : la Belle Cantine.
La Belle Cantine, c’est l’adaptation calédonienne de ce qui a fonctionné en France avec la loi EGalim : un cahier des charges co-construit avec les chefs de cantine et une bonification de 40 francs par repas par enfant pour l’achat de produits locaux. Une façon d’enlever une épine du pied des chefs pour qu’ils intègrent plus facilement le local dans leurs menus.

La prochaine étape, c’est de mettre à jour ce cahier des charges testé l’an dernier. Pour la première fois, on dispose de données chiffrées sur la consommation de produits locaux dans les cantines. On va ajuster les critères au plus près de la réalité et venir en appui des nouvelles politiques publiques votées sur l’alimentation. L’objectif reste le même : donner aux futurs calédoniens le goût des produits de leur territoire.