La Nouvelle-Calédonie entre dans une nouvelle ère de la coopération scientifique internationale. Le CNRTEC (Centre du Nickel Recherche Technologie Environnement Compétitivité) est désormais officiellement partenaire du RAMP – “Raw Materials Partnership for the Green and Digital Transition” -, un programme transnational co-financé par l’Union européenne dans le cadre d’Horizon Europe. Et son premier appel à projets est ouvert : près de 40 millions d’euros sont disponibles pour des consortiums de recherche et d’innovation couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur des matières premières. Une opportunité historique pour les acteurs calédoniens de la recherche et de l’industrie du nickel.

Le CNRTEC et le RAMP : de quoi parle-t-on ?

Le RAMP, un partenariat stratégique porté par Horizon Europe

Le RAMP est un partenariat transnational ambitieux co-financé par l’Union européenne dans le cadre du programme Horizon Europe. Il succède au programme ERA-MIN mais en amplifie considérablement la portée : sur l’ensemble de sa durée de vie, le RAMP prévoit de mobiliser environ 350 millions d’euros pour la recherche et l’innovation sur les matières premières, dont 90 millions directement issus de la Commission européenne Horizon Europe.

Sa mission ? Soutenir des projets collaboratifs contribuant à des systèmes d’approvisionnement en matières premières sécurisés, durables, résilients et circulaires. En 2026, ce sont 39 financeurs issus de 27 pays qui participent à ce premier appel à projets conjoint.

Les matières premières sont au cœur des grandes transitions du XXIe siècle car elles entrent notamment dans la composition de technologies indispensables telles que les batteries, les systèmes d’énergie renouvelable, les procédés de fabrication avancée et leur accès est devenu un enjeu stratégique et géopolitique majeur. Le RAMP répond à cette réalité en structurant la coopération internationale autour de six axes de recherche couvrant l’intégralité de la chaîne de valeur des matières premières.

Le CNRTEC, relais calédonien du RAMP

Le CNRTEC est l’un des 39 financeurs officiels du RAMP Joint Transnational Call 2026, aux côtés d’institutions telles que l’ANR (France), Vinnova (Suède) ou encore PRIMA Québec (Canada). Son rôle dans le cadre de cet appel est double : informer et mobiliser l’écosystème calédonien autour de cette opportunité, d’une part ; qualifier et financer les partenaires calédoniens des sélectionnés, d’autre part. Le CNRTEC finance en priorité les projets liés à l’approvisionnement primaire résilient et à l’analyse innovante des chaînes de valeur des matières premières, soit deux thématiques directement en résonance avec les enjeux industriels du territoire.

« Le CNRTEC est un bailleur historique de la recherche et de l’innovation pour le secteur nickel calédonien. Via l’ANR, nous avons été mis en contact pour participer à ce regroupement de bailleurs internationaux sur la thématique spécifique des matériaux critiques dont le nickel fait partie. » – Médéric Suon, Manager des programmes du CNRTEC

L’appel à projets RAMP 2026

Les acteurs concernés

Le RAMP Joint Transnational Call 2026 est ouvert à des consortiums transnationaux composés d’au minimum trois partenaires issus d’au moins trois pays participants, dont au moins deux États membres de l’Union européenne ou pays associés. Peuvent candidater en Nouvelle-Calédonie, sous la houlette d’un binôme « organisme de recherche et entreprises du secteur nickel », les entreprises de toutes tailles (startup, PME, ETI, grands groupes), les bureaux d’études et consultants, ainsi que tout autre acteur pertinent de l’écosystème des matières premières.

Pourquoi la Nouvelle-Calédonie est-elle concernée ?

La Nouvelle-Calédonie occupe une position singulière dans le panorama mondial des matières premières ; en effet, le territoire détient l’une des plus grandes réserves mondiales de nickel et dispose également de ressources significatives en cobalt et en chrome, des matériaux placés au cœur de la transition énergétique mondiale. À cette richesse géologique s’ajoute une expertise technique accumulée dans l’extraction et le traitement du nickel, ainsi que des capacités de recherche appliquée en développement constant.

Ces atouts, catalysés par le CNRTEC, bailleur historique de la recherche et de l’innovation du territoire, font de la Nouvelle-Calédonie un acteur naturellement légitime dans les consortiums de recherche internationaux que le RAMP entend structurer ; en intégrant ce partenariat, le territoire ne se contente pas d’observer la transition mondiale : il s’y positionne comme un contributeur de référence.

« Au delà d’avoir du financement par le CNRTEC, complété par la commission européenne, les acteurs calédoniens (entreprises du nickel et instituts de recherche en première ligne) participeront à des projets d’envergure internationale (classiquement 1.5M€, 3 ans, 5 pays en collaboration) dont les résultats bénéficieront à l’innovation du secteur nickel. C’est l’occasion de développer des avantages compétitifs mais aussi de renforcer des liens de collaboration internationale. » – Médéric Suon, CNRTEC

À qui s’adresse cet appel à l’échelle locale… et comment répondre ?

Chercheurs, laboratoires, entreprises minières, PME innovantes, bureaux d’études : tous les acteurs calédoniens de la filière « matières premières » peuvent être concernés par cet appel, à condition de s’inscrire dans un consortium transnational éligible avec, coté calédonien, un leadership porté par un binôme « institut de recherche + entreprise minière ou métallurgique ».

Le processus se déroule en deux étapes :

  • Étape 1 : Dépôt par le coordinateur du consortium d’une pré-proposition avant le 22 septembre 2026 à 15h (heure de Paris).
  • Étape 2 : Sur sélection, soumission d’une proposition complète avant le 15 février 2027. Les décisions de financement sont attendues entre juin et septembre 2027, pour un démarrage des projets prévu à partir de mi-2027.

Pour préparer votre candidature, voici la marche à suivre :

En résumé

Avec l’adhésion du CNRTEC au RAMP, la Nouvelle-Calédonie franchit un cap décisif dans son intégration à la coopération scientifique internationale sur les matières premières stratégiques. Pour les acteurs locaux – chercheurs, entreprises du nickel, porteurs de projets… -, cet appel à projets représente une porte d’entrée concrète vers des expertises internationales et des financements structurants jusqu’alors peu accessible ; dans ce contexte, le territoire a une carte unique à jouer : sa géologie, son expertise et ses infrastructures de recherche constituent des atouts différenciants au sein de consortiums de rang mondial.

« A court terme, avec l’appel à projet 2026 en cours, nous souhaitons qu’un ou deux projets avec des partenaires calédoniens soient sélectionnés. A moyen terme, nous souhaitons que ces appels à projet RAMP – qui vont se renouveler annuellement jusqu’à 2032 – s’ajoutent aux guichets de financement de la recherche et de l’innovation du secteur nickel. A long terme, ces programmes d’envergurent doivent accompagner la compétitivité et la soutenabilité du secteur nickel vers des activités minières et métallurgiques encore plus responsables. » – Médéric Suon, CNRTEC

Si vous êtes intéressés, ne tardez pas à prendre contact avec le CNRTEC et à identifier vos partenaires internationaux sur la. plateforme RAMP. La date limite de dépôt des pré-propositions est fixée au 22 septembre 2026 : il est temps de se lancer !

INFORMATIONS PRATIQUES

  • Date limite pré-propositions : 22 septembre 2026 — 15h00 (CEST)
  • Date limite propositions complètes : 15 février 2027
  • Budget total de l’appel : Près de 40 millions d’euros
  • Pays participants : 27 pays et 39 financeurs
  • Contact NC : CNRTEC : mederic.suon@cnrtec.nc